LINCEULS

A l’occasion de marches, il m’arrive de trouver des ossements et parfois des squelettes complets d’animaux livrés à la putréfaction.

Pour cette série de Linceuls, je reconstitue le squelette de l’animal à l’aide de fil de fer pour les parties n’ayant plus de chair et s’étant détachées du reste ; je les recouvre de peaux enduites de colle.

Je transpose une pratique funéraire qui dissimule le défunt de la vue et protège son intégrité. Motif classique dans l’art occidental, le drapé des cuirs renvoie formellement à des cartes de montagnes conçues en reliefs, lieu de rencontre de ces dépouilles.
Le procédé de fabrication de la pièce permet d’enlever le squelette après séchage pour qu’il ne reste que le cuir. Le corps reste en mémoire, forme une empreinte.
Le cuir devient à la fois peau de la dépouille et drap mortuaire.

Par la présence du voile sur l’animal, je souligne la question de la dignité.

Le commun avec l’homme ici est l’égalité donnée à l’existence, au passage sur terre, les linceuls et les rites autour de la mort, qui entourent le vivant, en indiquent l’importance donnée. Avec ses momies animales, l’Égypte plaçait l’animal au rang de dieu. En tant que grigri de protection, on les trouve dans les chambres funéraires de pharaons.