FUSION ANIMALE
M’animaliser, fusionner avec les bêtes.

Je fusionne avec l’animal, comme une fratrie, je le protège. Je traduis par ces gestes de protection un lien spirituel que j’entretiens avec lui. Un retour à un instinct. Ici je deviens la bête avec un sentiment de reconnaissance.

C’est une inversion du rapport de force qu’il peut exister entre l’homme et l’animal. Je prends conscience de la mort, me remémore notre état d’êtres mortels, Mon corps prend des allures bestiales, les membres sont disproportionnés, des doigts manquent, la pilosité est exagérée. En position de recueillement, j’entoure ces animaux et avec un clair obscur je lie nos corps qui paraissent par endroit si semblables.

C’est du fait d’une vision animiste que j’accorde à cette pièce qu’une finalité. Pour moi, il n’est important que l’acte d’enlacer ces animaux, pour lesquels je ressentais de la compassion au moment des photographies. Il n’y avait pas de chaleur, mais le pelage qui frottait sur mon corps ainsi que la posture que j’adoptais me renvoyait à un cocon, semblable à celui que m’ont offert tous les animaux, alors encore en vie, que j’ai pu côtoyer. Les photographies n’en sont que le témoignage.