RONDELLES DE PAPILLONS
Ce sont des boîtes d’entomologie remplies de tranches de saucissons. Au même titre que les insectes, elles sont issues d’une vie, celle autrefois de majestueux porcins. Me référant à cette pratique de l’homme de collectionner d’anciens êtres vivants, j’ai prêté attention à l’évolution de la forme, pour l’extraire un instant de notre consommation et nous la faire regarder différemment.

Avec les tranches de saucissons j’ai découvert un intérêt pour une certaine beauté des formes et j’ai commencé à les collectionner, à la manière de beaux insectes. Une collection, de plusieurs types de formes, classées par ordre croissant, à laquelle je donne un caractère scientifique. Par la classification et l’étiquetage, nous ne les voyons plus comme un objet de consommation mais comme un objet esthétique, précieux. Le saucisson devient une espèce à l’état embryonnaire, évoluant, clin d’œil à la théorie de l’évolution de Darwin. Je fige un objet périssable dans le temps.

Le geste est simple mais par ce procédé de sacralisation de l’animal, je crée une pièce mémorielle de ceux qui furent à un temps donné des cochons vivants. Avec un dispositif rappelant le cabinet de curiosité je joue sur un trompe-l’oeil : si nous n’y prêtons que peu d’attention, nous pourrions y voir des vertèbres ou des scarabées. Ces tranches nous poussent à la contemplation et pourtant en temps normal nous les aurions peut-être mangées.