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VIRGINIE CAVALIER
Chuckwalla
VIRGINIE
CAVALIER
CEUX QUI NOUS GUETTENT
2025, installation. Osier, cire d'abeille blanchie, tiges de cuivre, bois de pin. Dimensions variables.
Vue de l'exposition Ceux qui nous guettent, EMA Boulogne-sur-Mer, restitution programme de résidence Archipel porté par le FRAC Grand Large.
Crédit photo : Virginie Cavalier
Les pattes d'oiseaux de l'installation Ceux qui nous guettent, moulées en cire d'abeille, grouillent au milieu des branches de Saule. Un végétal qui peuple les zones humides du Parc des Caps et marais d'Opale, explorés durant la période de résidence dans le Pas-de-Calais (programme ARCHIPEL porté par le FRAC Grand Large, l'école municipale de Boulogne-sur-Mer et l'école d'art du Calaisis, le Concept, Calais). L'installation, non sans rappeler les roselières caractéristiques de ses milieux-là, abrite la présence des volatiles dont la translucidité et propension de la cire d'abeille à fondre, témoignent de la fragilité de ses milieux et de ceux qui les occupent.
"De son enquête, entre éthologie et sociologie, elle a cherché à restituer ces ambiances polyvoques. En dressant des bouquets de tiges de saules pour rappeler les roselières du parc, pour Ceux qui nous guettent (2025), l’artiste sait profiter de la familiarité du public local avec ces milieux naturels. Sauf que le regard qui caresse les ondulations douces se trouve déjoué dès lors que les aigrettes coiffant les hampes végétales sont identifiées et s’avèrent être des pattes d’oiseaux fantomatiques. Faites de cire, elles semblent crispées par la mort. À bien y regarder, il y en a beaucoup. Impossible de savoir si ces pattes fonctionnent comme des sorts ou des amulettes, protectrices ou damnatrices. Les superstitions font aussi partie de ces milieux. Virginie Cavalier se garde bien de faire des leçons de morale, mais nul n’ignore que les populations aviaires sont en déclin accéléré, que certains des plans du coin sont des tombeaux. Ces pattes-là étaient conservées comme des trophées par un membre de la famille de l’artistequi lui en a fait cadeau. En leur donnant une seconde vie artistique, elle répare un peu leur triste fin, les sauve de la disparition totale."
Bénédicte Ramade
Historienne de l’artCritique et commissaire d’exposition indépendante spécialisée dans les enjeux environnementaux et écologiques artistiques.
Enseignante à l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal
Lauréate du Prix d’excellence en recherche et en recherche-création pour les personnes chargées de cours de la Faculté des arts en 2024
Département d’Histoire de l’art et d’études cinématographiques, Université de Montréal
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