FANTÔMES
Sur des peaux tannées, je tatoue le squelette de l’animal. C’est une vision radio du squelette de l’animal. Un jeu entre intérieur et extérieur.

La mort est présente, s’agissant de peaux d’animaux ayant vécu. Les peaux sont arrachées et clouées au mur, comme un fantôme de l’animal. Mon travail est effectué sur des peaux déjà tannées, elles ne cicatriseront pas.

Ces expérimentations m’ont amenée à rencontrer un artisan maroquinier, avec l’intention de réaliser des sacs de ces peaux. Nous voyons en aval de la réalisation des sacs, où se situaient autrefois les côtes, le bassin, la nuque sur la maroquinerie, cela dans une intention de réalisation mêlant art et artisanat. C’est ainsi que j’ai fait connaissance de Jean Claude Milhau qui m’a épaulée dans la confection.
La technique de tannage de la peau dite «tannage végétal» ne colore et n’imperméabilise pas la peau, ce qui permet d’avoir une peau d’une couleur naturelle et sur laquelle l’encre imprègne le cuir et résiste au temps. Cette peau a pour particularité de continuer de brunir exposée à la lumière.

Ainsi à travers l’acte de tatouage, comme pratiqué sur du vivant, et cette peau qui brunit au contact de la lumière du soleil, la mort ne semble plus un frein pour parler du vivant, elle en est même indissociable. Ce sont plusieurs dualités qui m’ont poussée à réaliser cette pièce : la mort et la vie n’existant pas l’une sans l’autre. Je réalise un acte dédié au vivant sur une matière qui semble inerte, matière qui par ailleurs mute, vit toujours malgré sa transformation.