PROTHÈSES
Dans la série de photographies Prothèse, je crée une hybridation animal-instrument de chirurgie. L’animal, organique, et l’outil de métal, inerte.

J’utilise l’outil en tant que piédestal, il soutient des éléments naturalisés alors objets soignés. Je compose de façon clinique. Je dote «l’animal machine» de prothèses.
Une ambiguïté se crée, identifiant à la fois des corps mutilés et des corps que l’on tente de réparer. Je traite l’outil comme support, piédestal, béquille, ou ustensile de dissection. L’aspect mécanique de l’installation rappelle que les outils de chirurgie servent à soigner la «mécanique du vivant».


Je pense à «l’animal automate» de Descartes, se mouvant par une force purement mécanique.

"Signalons, dans le même ordre d’idée, l’œuvre intitulée « Prothèses » conçue comme une hybridation entre un instrument de soin (la prothèse) et un fragment organique que l’artiste a « greffé » sur l’instrument, en l’occurrence ici une patte d’oiseau. Cet élément de dépouille, « appareillé » à l’instrument en métal, s’exhibe d’une façon contre-naturelle et selon une approche qu’on peut qualifier de surréelle, l’élément organique étant dérisoirement mis en exergue par le dispositif ainsi présenté. Cet ensemble peut susciter la perplexité tout autant qu’une certaine forme d’humour, puisque s’établit une distance irréductible entre le vivant et l’artificiel, ou ce qu’on peut appeler aussi « le truchement d’un mécanisme ». Pour l’artiste, cette œuvre est un clin d’œil lancé à la conception cartésienne de l’animal perçu comme une mécanique sans âme)."

 Joël-Claude MEFFRE, Extrait de LES INSTALLATIONS ANIMALIÈRES DE L’ARTISTE VIRGINIE CAVALIER REMARQUES INTRODUCTIVES, 2021.