RITUEL CARNE
A travers ce procédé d’ornementation, j’applique une technique «personnelle» à l’animal. Ces ossements sont récoltés à l’occasion de marches. Je les soigne, tout comme les Maoris, à travers leurs tatouages honoraient leurs ancêtres.

En sacralisant et plaçant mon affect à travers ses modifications corporelles, j’affirme une appartenance - comme aux origines du tatouage- à mon espèce. Je montre les os sur des planches brutes, à hauteur des yeux, il est important que l’on puisse les toucher, les sentir, faire l’expérience de cette collection.

Le tatouage au henné étant normalement appliqué sur la peau, je mêle le dessus, le dessous, j’évoque la chair, le sang. L’intention ne se veut pas décorative, mais commémorative. Un choix qui se heurte souvent à la vision commune de ce travail. En effet, les ossements placés à la verticale, dans la singularité que je désirais à l’origine, les montre comme objets à part entière. Dans un but d’identification, à travers ce geste, je me les approprie comme je m’approprie mon corps avec mes modifications corporelles.